Quatrième vendredi spirituel Carême 2019 au Trévoux

Vendredi 29 mars 2019 : "Prier devant le Saint Sacrement",

soirée conduite par le Père René, avec le groupe de prière "l'Eau Vive"

  1. QU'EST-CE QUE L'EUCHARISTIE ?

 

L'Eucharistie est le don que Jésus-Christ nous fait de son Corps, de son Sang, de son Âme et de sa Divinité sous les apparences du pain et du vin. Il voile sa gloire infinie, sa beauté et sa majesté au Saint-Sacrement parce qu'il veut que nous venions à lui dans la foi et que nous l'aimions pour lui-même. L'Eucharistie est réellement "le mystère qui résume toutes les merveilles accomplies par Dieu pour notre salut" (cf. Saint Thomas d'Aquin).

 

Que disent les papes ??

 

"Sacrement de l'amour, la sainte Eucharistie est le don que Jésus Christ fait de lui-même, nous révélant l'amour infini de Dieu pour tout homme. Dans cet admirable Sacrement se manifeste l'amour « le plus grand », celui qui pousse « à donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). En effet, Jésus « les aima jusqu'au bout » (Jn 13, 1). Par cette expression, l'Évangéliste introduit le geste d'humilité infinie accompli par Jésus: avant de mourir pour nous sur la croix, se nouant un linge à la ceinture, il lave les pieds de ses disciples. De la même manière, dans le Sacrement de l'Eucharistie, Jésus continue de nous aimer

« jusqu'au bout », jusqu'au don de son corps et de son sang. Quel émerveillement dut saisir le cœur des disciples face aux gestes et aux paroles du Seigneur au cours de la Cène! Quelle merveille doit susciter

aussi dans notre cœur le Mystère eucharistique !"

(Benoît XVI, Sacramentum Caritatis, 1)

 

"Le mystère eucharistique – sacrifice, banquet, présence – n'admet ni réduction ni manipulation; il doit être vécu dans son intégrité, que ce soit dans l'acte de la célébration ou dans l'intime échange avec Jésus que l'on vient de recevoir dans la communion, ou encore dans le temps de prière et d'adoration eucharistique en dehors de la Messe… Le trésor eucharistique que le Seigneur a mis à notre disposition nous pousse vers l'objectif du partage plénier de ce trésor avec tous les frères auxquels nous unit le même Baptême. Toutefois, pour ne pas gaspiller un tel trésor, il faut respecter les exigences liées au fait qu'il est le Sacrement de la communion dans la foi et dans la succession apostolique"

(Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, 61)

 

 

 

2. QU'EST-CE QUE L'ADORATION EUCHARISTIQUE ?

 

"L'adoration n'est pas un luxe mais une priorité" (Benoît XVI, Angélus, 28 août 2005).

 

"L'adoration est d'une valeur inestimable dans la vie de l'Eglise" (Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, 25.)

 

"L'adoration eucharistique a pour objet la divine personne de notre Seigneur Jésus-Christ présent au Très Saint-Sacrement. Il est vivant, il veut que nous lui parlions, il nous parlera. Et ce colloque, qui s’établit entre l’âme et notre Seigneur, c’est la vraie méditation eucharistique, c’est l’adoration. Heureuse l’âme qui sait trouver Jésus en l’Eucharistie, et en l’Eucharistie toutes choses"

(Saint Pierre-Julien Eymard).

 

L'adoration eucharistique est une façon de témoigner notre amour pour Jésus qui nous aime au point de ne jamais vouloir nous quitter. Il demeure ainsi avec nous, jour et nuit, au Saint Sacrement. Ne nous a-t-il pas dit : « Voici que je suis avec vous pour toujours », car « je t'ai aimé d'un amour éternel, aussi t'ai-je maintenu ma faveur »

(Mt 28, 20; Jr 31, 3).

 

"C’est pour nous un devoir très doux d’honorer et d’adorer dans la sainte hostie, que nos yeux voient, le Verbe incarné qu’ils ne peuvent pas voir et qui, sans quitter le ciel, s’est rendu présent devant nous"

(Paul VI, Credo).

 

L'adoration eucharistique prépare et prolonge la célébration eucharistique. "Dans l'Eucharistie, en effet, le Fils de Dieu vient à notre rencontre et désire s'unir à nous ; l'adoration eucharistique n'est rien d'autre que le développement explicite de la célébration eucharistique, qui est en elle-même le plus grand acte d'adoration de l'Église. Recevoir l'Eucharistie signifie se mettre en attitude d'adoration envers Celui que nous recevons. C'est ainsi, et seulement ainsi, que nous devenons un seul être avec Lui et que nous goûtons par avance, d'une certaine façon, la beauté de la liturgie céleste. L'acte d'adoration en dehors de la Messe prolonge et intensifie ce qui est réalisé durant la Célébration liturgique elle-même"

(Benoît XVI, Sacramentum Caritatis, 66).

 

D'après Benoît XVI, les deux éthymologies du mot adoration correspondent à ses deux dimensions : "Le mot grec est proskynesis. Il signifie le geste de la soumission, la reconnaissance de Dieu comme notre vraie mesure, dont nous acceptons de suivre la règle. Il signifie que liberté ne veut pas dire jouir de la vie, se croire absolument autonomes, mais s’orienter selon la mesure de la vérité et du bien, pour devenir de cette façon, nous aussi, vrais et bons. Cette attitude est nécessaire, même si, dans un premier temps, notre soif de liberté résiste à une telle perspective. Il ne sera possible de la faire totalement nôtre que dans le second pas que la dernière Cène nous entrouvre. Le mot latin pour adoration est adoratio contact bouche à bouche, baiser, accolade et donc en définitive amour. La soumission devient union, parce que celui auquel nous nous soumettons est Amour. Ainsi la soumission prend un sens, parce qu’elle ne nous impose pas des choses étrangères, mais nous libère à partir du plus profond de notre être"

(Benoît XVI, JMJ, Cologne 2005).

 

Mgr Henri Brincard : "Dans le tabernacle, Jésus est présent dans sa grande adoration du Père à laquelle il veut tous nous associer. Jésus laisse sa grande adoration à son Eglise... L'adoration, c'est offrir ce qu'on a de meilleur au Père, c'est se remettre à Jésus et avec Jésus au Père. La contemplation est une grâce du Père qui nous attire par son Fils."

(Congrès de l'adoration, Paray le Monial, 2006)

 

Mgr Dominique Rey: "L’adoration est un acte intime, mais aussi missionnaire, évangélisateur. N’est-elle pas l’acte où se révèle que le monde a un cœur et que ce cœur vibre de l’amour qui transforme tout ?"

(Congrès de l'adoration, Paray le Monial, 2006)

 

Témoignage d'une paroissienne : "Puisque tout va très vite à la messe, l'adoration est comme un arrêt sur image qui me permet de vivre plus intensément l'un ou l'autre temps de la messe..."

 

Je connais déjà un certain nombre de prêtres de votre diocèse qui sont membres, comme je l’ai été, de la Fraternité sacerdotale Jésus Caritas (spiritualité du Bienheureux Charles de Foucauld). Cette spiritualité me nourrit profondément depuis des années par la pratique de l’adoration eucharistique, la journée de désert mensuel, la méditation de l’Évangile. Cette spiritualité me donne la volonté de vivre une plus grande proximité avec les gens et le désir de devenir vraiment « frère universel » comme se définissait Charles de Foucauld.

(Mgr Laurent DOGNIN)

Le Pape François et l'Adoration du Saint Sacrement

 

"Ce que je préfère vraiment, c'est l’Adoration du soir, même quand je suis distrait, que je pense à autre chose, voire quand je sommeille dans ma prière. Entre sept et huit heures du soir, je me tiens devant le Saint Sacrement pour une heure d’adoration. En commentant le texte magnifique de saint Paul (Éphésiens 3, 14-21) que voici : « Je tombe à genoux devant le Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom. Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l'amour, établis dans l'amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu. À Celui qui peut réaliser, par la puissance qu’il met à l’œuvre en nous, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même concevoir, gloire à Lui dans l’Église et dans le Christ Jésus pour toutes les générations dans les siècles des siècles. Amen » ".

 

Pour vraiment connaître le Christ, la « prière est nécessaire » insiste le Saint-Père mais précise-t-il, Paul a ajouté, «non seulement prie, mais adore ce mystère qui surpasse toute connaissance et dans un contexte d’adoration demande cette grâce » au Seigneur: « on ne connaît pas le Seigneur sans cette habitude d’adoration, adorer en silence. « Perdre du temps si j'ose dire devant le Seigneur, devant le mystère de Jésus-Christ. Adorer, en silence, dans le silence de l'adoration ». On peut parler d’adoration sans référence à l’eucharistie. Adorer est une attitude que l’on peut avoir en tout temps et en tous lieux : « L’ADORER ! » Le passage de l’Apocalypse  nous parle de l’adoration: la multitude d’anges, toutes les créatures, les êtres vivants, les anciens, se prosternent en adoration devant le Trône de Dieu et l’Agneau immolé, qui est le Christ, à qui vont la louange, l’honneur et la gloire (cf. Ap 5, 11-14). Je voudrais que nous nous posions tous cette question: Toi, moi, adorons-nous le Seigneur ? Allons-nous à Dieu seulement pour demander, pour remercier, ou allons-nous à Lui aussi pour l’adorer?" 

" Que veut dire alors adorer Dieu? Cela signifie apprendre à rester avec Lui, à nous arrêter pour dialoguer avec Lui, en sentant que sa présence est la plus vraie, la meilleure, la plus importante de toutes. Chacun de nous, dans sa propre vie, de manière inconsciente et peutêtre parfois sans s’en rendre compte, a un ordre bien précis des choses qu’il tient pour plus ou moins importantes. Adorer le Seigneur veut dire lui donner la place qu’il doit avoir; adorer le Seigneur veut dire affirmer, croire, non pas simplement en paroles, que lui seul guide vraiment notre vie; adorer le Seigneur veut dire que devant lui nous sommes convaincus qu’il est le seul Dieu, le Dieu de notre vie, le Dieu de notre histoire. Cela a une conséquence dans notre vie: se dépouiller de beaucoup d’idoles petites et grandes que nous avons, et dans lesquelles nous nous réfugions, dans lesquelles nous cherchons et plaçons bien des fois notre sécurité.

 

 Ce sont des idoles que nous tenons souvent cachées; elles peuvent être l’ambition, le carriérisme, le goût du succès, le fait de se mettre soi-même au centre, la tendance à dominer les autres, la prétention d’être les seuls maîtres de notre vie, quelques péchés auxquels nous sommes attachés, et beaucoup d’autres.  

Il y a un mystère dans la vie du pape François. Comment cet homme fait-il pour vivre une vie aussi intense sans prendre de journée de congé durant la semaine et sans prendre de vacances annuelles? Mais la clef du mystère réside en ceci : le pape François croit de tout son cœur en la Parole de Jésus qui nous dit: « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » (Mt 11, 28) 

 

Ce soir, je voudrais qu’une question résonne dans le cœur de chacun de nous et que nous y répondions avec sincérité : ai-je pensé, moi, à cette idole cachée que j’ai dans ma vie et qui m’empêche d’adorer le Seigneur ? ADORER c’est se dépouiller de nos idoles mêmes les plus cachées, et choisir le Seigneur comme le centre, comme la voie royale de notre vie. " 

 

 

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