Terreau des vocations : Actualités du synode

En ce 19 octobre, faisons le point sur l'avancée des travaux du Synode des évêques sur la Jeunesse, réuni depuis le 3 octobre

 

 

 

La citation biblique

 « Vous, frères, c’est à la liberté que vous avez été appelé. Seulement, que cette liberté ne donne aucune prise à la chair ! Mais, par l’amour, mettez-vous au service les uns des autres. » Gal 5,13

 

L'intention de prière

Seigneur, bien souvent les jeunes sont tentés et, par faiblesse, finissent par tomber dans l'addiction : la drogue, l'alcool, le jeu, les pratiques sexuelles licencieuses, les écrans... qui les éloignent de Toi et les renferment sur eux-mêmes.

Prions le Seigneur pour qu’ils retrouvent cette liberté perdue, pour qu’ils sachent recevoir Ton pardon. Ainsi, avec Ton aide et celle de leurs frères, sœurs et amis, ils oseront dire oui à la vie, oui à l'Amour, oui à la foi et à l’appel et oui aux autres.

 

 

 

Au bout de quinze jours de synode, je retiens des différentes contributions :

- une «Église en sortie», qui soit un signe de fraternité dans un monde déchiré, missionnaire d’une façon intégrale et désintéressée, avec un style ouvert et accueillant pour tous.

- « Les jeunes d'aujourd’hui – comme de toujours – n’ont pas besoin d’une structure mais bien d’un lieu d’appartenance qui peut leur dire qu’ils manquent s’ils ne sont pas là »,

- « Le discernement permet d’identifier et de reconnaître la voie personnelle par laquelle l’Esprit veut nous conduire à la conformation au Christ et à la fidélité à l’Évangile  »

- « Il y a un besoin urgent de préparer les jeunes d’une façon adéquate, afin que grâce à une vision biblique du monde, ils soient les leaders de demain, en mesure d’écouter avec un juste sens critique, de s’engager dans l’édification d’une société moins corrompue et plus juste. »

 

J’ai aussi apprécié la proposition de pèlerinage  avec marche (presqu’un pardon) sur le tombeau de St Pierre pour les pères synodaux le jeudi 25 octobre.

 

Prochaines activités dans la paroisse :

 

- Prières pour les vocations, la jeunesse, le synode et la paroisse tous les vendredis matins (paroisse invisible) et dans toutes les fraternités et groupes de prières de la paroisse (Voir la prière pour le synode en fin de texte).

 

- Veillée de lecture sur « Instrumentum laboris » (document préparatoire au synode) le mardi 23 octobre à 2OH au presbytère de Quimperlé.

 

- Intentions de prières particulières aux messes des week end.

- La veillée de louange du samedi 27 octobre aura des intentions de prières pour ce synode sur la jeunesse, la foi et le discernement vocationnel.

 

Pourquoi pas une marche le 25 novembre ou le 8 décembre ?

ON EN PARLE DANS La presse

Le Synode des jeunes esquisse une « Église de l’accompagnement »

 

Les participants du Synode des évêques sur les jeunes achevaient lundi 15 octobre leur travail en groupes linguistiques sur la seconde partie du document de travail.

Celle-ci est consacrée au discernement des vocations.

« Vous vous trompez ! » « Alors aide-moi à ne plus me tromper ! » Ce dialogue animé entre une jeune fille un peu révoltée et un évêque européen autour d’une table familiale, le père Marco Tasca l’a entendu raconter de la bouche même de l’évêque en question lors d’une pause-café au Synode.

Pour le ministre général des franciscains conventuels, l’anecdote résume tout le changement d’attitude que l’Église doit effectuer dans les années à venir : se mettre plus à l’écoute et être capable de changer.

« L’Église doit passer de l’écoute à la conversation, car c’est la conversation qui fait l’échange », assure lui aussi le frère Bruno Cadoré, maître de l’Ordre dominicain, pour qui l’Église doit être capable d’accueillir toute la diversité de la jeunesse constatée au cours de la première partie du Synode.

« Il ne s’agit pas seulement de faire de la place aux jeunes, mais de changer, affirme le religieux français. Car c’est cela la particularité de l’Église : accueillir la nouveauté pour changer.  Ne pas seulement transmettre. »

 

« On demande trop aux jeunes d’être dociles »

Cette nouvelle manière d’être de l’Église a été plusieurs fois évoquée dans les discussions du Synode et rejaillit sur la manière dont les évêques envisagent l’accompagnement des jeunes.

Si un certain nombre d’évêques du Synode, très minoritaires, plaident pour qu’il soit l’occasion de raffermir la dimension magistérielle de l’Église – une Église de « maîtres » qui enseignent leurs disciples – d’autres mettent en garde contre une vision trop « directrice ».

À bien des égards, la notion d’« accompagnement » prend le pas sur celle de « direction » spirituelle, d’autant plus que plusieurs évêques ont souligné les risques d’abus spirituels que cela peut comporter. « On demande trop aux jeunes d’être dociles », a même mis en garde l’un d’eux.

 

« Il faut que l’Église soit une communauté d’appartenance »

« L’accompagnement dans l’Église ne peut plus seulement passer par une relation de maître à disciples », reconnaît Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire de Bordeaux et responsable des vocations à la Conférence des évêques de France, qui plaide pour une dimension plus communautaire, « un accompagnement entre pairs ».

« La question aujourd’hui est moins celle des structures que celle de la communauté : il faut que l’Église soit une communauté d’appartenance », insiste le père Cadoré.

« Les jeunes d’aujourd’hui – comme ceux de toujours – n’ont pas besoin d’une structure mais bien d’un lieu d’appartenance qui peut leur dire qu’ils manquent s’ils ne sont pas là », explique le dominicain français qui plaide pour une véritable synodalité, à tous les niveaux de l’Église et pas seulement à Rome.

« Mais si l’on veut faire des assemblées avec tout le monde, il faut d’abord que tout le monde vive ensemble dans la même Église », a-t-il souligné.

Comme le relevait la semaine du 8 octobre Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti (Italie) et l’un des rédacteurs du document final de cette assemblée, la grande question de ce Synode est : « À quelle Église rêvons-nous pour l’avenir ? ».

Nicolas Senèze, à Rome

 

Vocations, le Synode sur les jeunes au risque du débat

 

Dans les discussions d’un Synode, il est assez rare qu’un consensus se dégage aussi vite. C’est pourtant ce qui est arrivé lundi 15 octobre lors de la présentation des rapports des quatorze groupes linguistiques de discussions sur la seconde partie du document de travail, consacrée au discernement et à l’accompagnement des vocations. Alors que ce document insiste sur l’accompagnement personnel, tous – sans exception ! – ont en effet insisté sur sa dimension nécessairement communautaire.

« Outre l’importance des familles qui devraient être les premiers lieux de la rencontre du Christ, nous souhaiterions souligner l’importance des communautés chrétiennes que sont les paroisses, les communautés ecclésiales de base, les mouvements de jeunesse, les aumôneries scolaires et universitaires », rappelle ainsi un groupe francophone qui cite largement l’expérience d’un jeune auditeur passé par le scoutisme.

 

Bousculer un peu la vision « jésuite » de l’accompagnement et du discernement

Un peu timide sur la première partie, il est vrai très sociologique, du document de travail, les participants au Synode commencent à s’emparer des discussions. Même si beaucoup de jeunes évêques semblent un peu impressionnés de devoir argumenter avec des cardinaux de Curie, le style résolument jeune impulsé depuis le début de ce Synode les aide à doucement s’imposer. Quitte à bousculer un peu la vision très « jésuite » de l’accompagnement et du discernement proposé par le document de travail.

« L’Instrumentum laboris insiste sur l’accompagnement personnalisé tandis que l’accompagnement des groupes ou des communautés semble ne pas être assez souligné », regrette ainsi un autre groupe francophone, tandis qu’un troisième résume la position commune : « L’accompagnement à la vie chrétienne est toujours à la fois personnel et communautaire ».

Chère au pape François, rompu à la spiritualité ignatienne, la notion de discernement a elle aussi été très discutée. Beaucoup d’évêques, en effet, craignent que, face à une société individualiste, le discernement ne s’apparente à un « simple passage chez le psy ». « Dans nos discussions, il a été vite clair que, pour beaucoup de jeunes, un aspect clé du discernement est d’essayer de trouver une réponse à une question très pratique : Que vais-je faire de ma vie », souligne donc un groupe anglophone, insistant sur la notion d’« accomplissement ».

« Le discernement permet d’identifier et de reconnaître la voie personnelle par laquelle l’Esprit veut nous conduire à la conformation au Christ et à la fidélité à l’Évangile (…) », explique ainsi un groupe francophone qui souligne que « le don du discernement peut être accordé aussi bien à des clercs, à des consacrés, qu’à des laïcs ».

 

« Vocation », un mot trop ambivalent

Plusieurs ont aussi insisté sur la nécessaire formation des accompagnants mais aussi sur la nécessité, dans le discernement, du « respect absolu de la liberté de conscience de chacun ». « Plusieurs d’entre nous mettent en garde contre le fait que des responsables spirituels se transforment fréquemment en gourou et encouragent un culte de la personnalité autour d’eux-mêmes », relève un groupe anglophone tandis qu’un autre prévient que « le véritable discernement reconnaît que la vocation est une invitation, pas une imposition ».

Enfin, le terme même de vocation, jugé ambivalent, a lui aussi été débattu. Il faudra en donner « une claire définition », insistent des anglophones. « Certains se demandent cependant s’il n’y a pas un risque de confusion à qualifier de vocation tous les choix de vie, à partir du moment où ceux-ci ont été discernés à la lumière de la foi », expliquent donc des francophones. Un groupe hispanophone a lui bien distingué la « vocation humaine » (« toute vie est vocation »), la vocation chrétienne (« à la suite de Jésus »), les vocations spécifiques de l’Église et la vocation professionnelle…

 

Autocensure des évêques

Mardi 16 octobre, les évêques ont commencé leur travail sur les propositions pastorales. Une dernière partie des débats qui devrait déboucher sur des propositions beaucoup plus pratiques et concrètes, même si le risque demeure d’aboutir à un document final lisse et sans aspérité. Un effet de la méthode synodale qui, parce qu’elle recherche avant tout un consensus, tend à gommer les propositions trop audacieuses, mais aussi de l’annonce que le pape pourrait donner une valeur magistérielle à ce document, ce qui provoque dès lors une certaine autocensure des évêques.

 

Un pèlerinage pour le Synode

Sur la proposition de plusieurs évêques, le Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation proposera jeudi 25 octobre prochain un pèlerinage aux participants du Synode. Pour justement souligner la dimension communautaire du Synode, il s’agira de parcourir, jusqu’au tombeau de saint Pierre, les 6 derniers kilomètres de la Via Francigena, l’antique voie de pèlerinage vers Rome. La proposition d’un footing du Synode, lancée notamment par Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon, n’a quant à elle pas été retenue.

 Nicolas Senèze, à Rome

 

Synode: les jeunes sont les leaders de demain

 

La 12e Congrégation générale du Synode des évêques sur les jeunes, organisée dans la matinée du mardi 16 octobre, a permis de lancer l’analyse de la 3e partie de l’Instrumentum Laboris, sur le thème «Choisir: chemins de conversion pastorale et missionnaire». 

Cette congrégation générale a eu pour prologue un cadeau offert au Pape François : un panier contenant 1500 cartes écrites par des jeunes lycéens français ayant pris part à une rencontre pré-Synodale à Lourdes, dans le cadre du “Frat”, une initiative de prière et de rencontre née il y a 110 ans et dédiée aux jeunes entre 15 et 18 ans, provenant des huit diocèses de l’Ile-de-France. Le cadeau a été remis au Saint-Père par les quatre évêques français présents au Synode.

 

«Un bond en avant dans l’amour»

Les travaux de l’assemblée se sont concentrés sur la troisième partie de l’Instrumentum Laboris, centrée autour du verbe “choisir”. Le cardinal da Rocha, rapporteur général, en a expliqué brièvement le sens : choisir veut dire convertir le cœur et l’esprit pour renouveler les pratiques pastorales, c’est-à-dire, selon les termes du Pape François, accomplir «un bond en avant dans l’amour » pour être vraiment une «Église en sortie», qui soit un signe de fraternité dans un monde déchiré, missionnaire d’une façon intégrale et désintéressée, avec un style ouvert et accueillant pour tous.

 

Les jeunes, une «flamme ardente» à la recherche du Christ

Il est revenu au jeune auditeur indien Percival Holt de témoigner des jeunes comme une «flamme ardente», mais parfois solitaire et triste. La jeunesse contemporaine cherche un vrai Pasteur, elle cherche le Christ, elle peut être égoïste comme Pierre l’a été, mais elle peut aussi avoir le potentiel pour devenir une pierre d’angle, comme l’Apôtre.

 

Que le leadership de demain ait une formation de qualité

Les participants au Synode se sont penchés sur le thème du leadership : il y a un besoin urgent de préparer les jeunes d’une façon adéquate, afin que grâce à une vision biblique du monde, ils soient les leaders de demain, en mesure d’écouter avec un juste sens critique, de s’engager dans l’édification d’une société moins corrompue et plus juste. La formation des jeunes doit donc être renforcée, et ne pas se situer dans une logique de production de masse. Certains pères synodaux ont alerté sur la dégradation du système éducatif. Dans certains pays, l’école n’est plus en mesure d’assumer son rôle de formation, et l’Église doit donc s’engager dans ce secteur. Les jeunes attendent une parole de lumière, des réponses claires, des vérités qui ne soient pas annihilées et qui les aident à développer la capacité de jugement pour prendre des décisions mûres, au service du bien commun. Même si l’école ne doit pas être comprise comme un réservoir de vocations religieuses, le cours de religion doit permettre aux jeunes de trouver des réponses aux questions sur le sens de la vie, en créant un rapport de confiance avec l’Église.

 

Le «futur hypothéqué» des jeunes générations

Aujourd’hui, en effet, a souligné le Synode, le miracle de l’amour désintéressé apparait absurde, la solidarité arrive moins, le sens de la justice est perçu avec indifférence. Et face à un réductionnisme anthropologique, dans lequel l’homme est réduit à la consommation, les jeunes ne réussissent plus à prendre en main leur propre destin, en voyant leur futur “hypothéqué”, vivent toujours dans la pauvreté et subissent l’échec des gouvernances locales. Mais l’amour pour le prochain ne peut pas se limiter à la sphère privée : il doit se réaliser dans les secteurs sociaux, politiques et institutionnels. L’Église doit donc soutenir les jeunes, leur parler, les rendre protagonistes de l’évangélisation, afin qu’ils soient des “ambassadeurs de la foi” pour leurs camarades. Le Synode suggère aussi de pointer sur le travail en volontariat international, une opportunité à offrir aux jeunes générations pour renforcer la foi dans l’action et créer des liens entre les différentes conférences épiscopales du monde.

 

Migrations et dialogue interreligieux

Le Synode a aussi réfléchi sur le thème des migrations, en rappelant la nécessité d’accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les migrants, mais aussi de maintenir leur identité d’origine, afin qu’ils puissent enrichir les sociétés d’accueil avec leur patrimoine culturel et spirituel. Dans le même temps, le Synode a lancé un appel contre l’indifférence face au sort des jeunes migrants qui se noient dans la Méditerranée. Les pères synodaux ont aussi évoqué un autre thème lié aux migrations : le dialogue interreligieux, en particulier avec l’Islam. Le dialogue est essentiel pour ne pas se fermer en soi-même, et éviter ainsi que l’Église ne s’asphyxie. Il ne pas faire de prosélytisme, mais apporter un témoignage attrayant et cohérent, en étant conscients que les religions différentes ne sont pas un obstacle insurmontable, mais un chemin qui, par diverses routes, mène vers le même Dieu.

 

Relancer les paroisses et la piété populaire

L’Église donc, doit être capable de sortir avec humilité des schémas, d’être authentique, d’accepter le changement par amour du Christ et des jeunes. Si les enfants voient les évêques sortir, ils auront le courage de «se lever du canapé» et de se mettre au service du bien commun, surtout des périphéries, des pauvres et des exclus. Il faut donc relancer les paroisses, des lieux dans lesquels les jeunes puissent développer un juste sens civique et social, grâce à une catéchèse renouvelée. D’où l’idée de créer, au niveau diocésain, un Conseil pour les jeunes, qui puisse donner un espace d’écoute et de discernement, afin que la jeunesse contribue à l’inculturation du message chrétien dans le monde. Le Synode suggère en outre de ne pas abandonner la piété populaire, un trésor des Églises locales, car il permet d’approfondir la foi d’une façon joyeuse. Les participants au Synode ont aussi évoqué l’importance de la musique comme un espace d’implication des jeunes.

Isabella Piro – Cité du Vatican

Prière du synode

 

Seigneur Jésus,

ton Église qui chemine vers le synode tourne son regard vers tous les jeunes du monde.

 

Nous te prions pour qu’avec courage, ils prennent en main leur vie,

qu’ils aspirent aux choses les plus belles et les plus profondes

et qu’ils conservent toujours un cœur libre.

Aide-les à répondre, accompagnés par des guides sages et généreux,

à l’appel que tu adresses à chacun d’entre eux,

pour qu’ils réalisent leur projet de vie et parviennent au bonheur.

 

Tiens leur cœur ouvert aux grands rêves

et rends-les attentifs au bien des frères.

Comme le Disciple aimé,

qu’ils soient eux aussi au pied de la Croix pour accueillir ta Mère,

la recevant de Toi en don.

 

Qu’ils soient les témoins de ta Résurrection,

et qu’ils sachent te reconnaître, vivant à leurs côtés,

annonçant avec joie que Tu es le Seigneur.

 

 Amen.

 

 

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